Dans les dix-huit mois qui ont suivi l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans en Australie, la politique a traversé l’Atlantique et la Manche. En mai 2026, cinq pays européens avaient adopté ou activement légiféré leurs propres variantes. La France, la Grèce, le Danemark et Chypre ont fixé le seuil à 15 ans. La Turquie aussi, mais avec un modèle d’application sensiblement différent, critiqué par les organisations de défense des libertés.
Dans la nuit du 22 avril 2026, le Parlement turc a adopté un projet de loi restreignant l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux. Le titre ressemble à ceux d’Athènes, de Nicosie ou de Paris plus tôt ce mois-ci — un pays européen de plus qui trace une ligne d’âge sur les plateformes sociales. Les détails, eux, racontent une autre histoire.
Contrairement à l’approche zero-knowledge de l’UE, la loi turque est étroitement couplée au système d’identité nationale, ajoute une obligation de retrait en une heure pour les grandes plateformes et arrive par-dessus un second projet qui imposerait à tous les adultes de s’authentifier via e-Devlet (portail d’identité nationale). C’est pour cette raison que des organisations de défense de la liberté de la presse, des professeurs de droit et des députés d’opposition qualifient ce texte d’autre chose qu’une loi de protection de l’enfance.